Les embouteillages

Un certain niveau de congestion est économiquement rentable; cependant, construire des infrastructures pour éviter toute congestion n'est pas une solution. Les coûts - pour l'économie comme pour l'environnement - seraient bien supérieurs à d'éventuels avantages supplémentaires pour les usagers.
La congestion est le fruit d'une inadéquation entre la capacité routière disponible et le trafic qui tente de l'utiliser à un moment donné. Cette inadéquation existe principalement parce qu'en tant que société, nous ne pouvons (ou ne voulons) pas répartir nos activités plus uniformément entre le jour et la nuit. En d'autres termes, la congestion se mesure souvent plus en termes d'heures de pointe qu'en termes de capacité inappropriée.

Le concept économique relativement simple des effets externes est essentiel à l'appréhension du problème de la congestion. Le voyageur individuel qui pénètre dans le réseau routier pendant les heures de pointe ne paie pas le coût total que la décision de se déplacer impose à tous les autres. Etant donné que le prix n'égale pas le coût marginal, la demande dépasse l'offre, ce qui aboutit à la congestion.

Les économistes ont longtemps prétendu que la congestion pouvait être "résolue" si l'on pouvait faire payer aux conducteurs individuels "le coût total" qu'ils imposent aux autres en décidant de circuler sur les routes aux heures de pointe. Récemment, ce débat sur les propriétés théoriques de la congestion était largement académique, puisqu'il était impossible de prélever ces contributions sans arrêter la circulation. Toutefois, avec le développement de technologies capables de prélever sur des véhicules en mouvement des péages basés sur la congestion, le débat est entré dans l'arè- ne politique. Outre les considérations relatives au coût de mise en œuvre d'un système de taxation de la congestion, on est passé à la question plus large de savoir quelle est l'ampleur réelle des coûts externes afférents à la conduite et si le niveau des taxes sur les carburants et droits d'enregistrement déjà payés par les conducteurs, notamment en Europe ou au Japon, couvre plus que largement ces coûts.